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Cet article a été écrit par René Fagnoni, le 9 octobre 1998, archivé en catégorie Combats Syndicaux.

Michel Guiré Vaka, sculpteur d’images

Depuis la nuit des temps, les hommes se sont ingéniés à créer des images ; que ce soit sur les parois des grottes de l’époque préhistorique, sur les parchemins ou les livres précieux enluminés par les copistes du Moyen-Age, ou bien sous les coupoles des basiliques décorées par les artistes de la Renaissance.

Ce besoin vital de représentation artistique du monde qui l’entoure fait sans doute partie intégrante du capital génétique de l’espèce humaine, qui trouve là son expression spécifique, tout en affirmant son identité .

En arpentant pour la première fois la cour de l’Ecole Estienne au début des années cinquante, le jeune Michel Guire Vaka ne savait sans doute pas, comme la plupart des  » culus  » rassemblés pour la rentrée, qu’il allait s’inscrire dans la lignée de ces sculpteurs d’images, dont seulement quelques brillants sujets seraient issus de la promotion encore à l’ombre des marronniers de la cour de récréation.

Toutefois, je me souviens que dès les premières semaines du  » circulus « , la silhouette altière de l’un d’entre nous survolait la piétaille des  » culus  » de cette promotion 1955 à la fois par la taille et par le talent.

Michel Guire Vaka, aussitôt repéré pour ses aptitudes artistiques, n’eut aucune difficulté pour accéder à la très convoitée section Dessin publicitaire, dirigée par M. Münch.

 

L’école de ces années-là

C’était l’époque où  » Les Thibault  » de Roger Martin du Gard, dans son édition en quatre volumes de chez Gallimard, était le titre le plus recherché à la bibliothèque de l’Ecole. Il y a de quoi forger la conscience de toute une génération dans cette vaste fresque de la société du début du vingtième siècle. Par ailleurs, rare privilège de l’insouciance des adolescents de ces années de vaches maigres, les discussions dans la cour étaient aussi animées par les différences de largeurs entre le bas de leur pantalon dont l’étroitesse les démarquait de leurs aînés, ou passées à s’émerveiller devant une paire de mocassins en daim ramenée d’Italie durant les vacances précédentes.

Chaque été, le Tour de France soulevait déjà des passions tumultueuses qui faisaient diversion durant la période des examens toujours un peu chargée de stress, bien que la tendance de l’école n’ait jamais été au bachotage forcené. A cette époque, où la Petite Reine servait de moyen de transport, les champions défrayant la chronique avaient pour noms Fausto Coppi, Louison Bobet et Jacques Anquetil, qui faisaient partie de la vie quotidienne du pays, suspendue aux commentaires de Georges Briquet, reporter de la radio nationale.

Le terrain de sport jouxtant l’école était si exigu que M. Hourcade, le prof de gym, nous faisait courir l’épreuve du 80 m sur le trottoir du boulevard Blanqui, le long du métro aérien Etoile-Nation. Les plus veinards étaient ceux qui sprintaient alors que passait le métro venant de quitter la station Corvisart pour les entraîner en direction de Place d’Italie. La pente ascendante du boulevard à cet endroit conférait à l’épreuve l’importance d’un 100 m olympique…

Le vent de l’idéal décoiffait cette belle équipe et nous poussait dans la vie. Mais une fois de plus, au rendez-vous de l’Histoire, le groin de la bête immonde se trouvait déjà tapi dans l’ombre, et la guerre d’Algérie n’allait pas tarder à en happer quelques-uns dans nos rangs. Par ailleurs, on ne peut se reporter à l’école de ces années-là sans évoquer l’un de nos aînés, Guy Guilhas, major de la promotion sortante, qui fut un exemple pour tous par son intelligence et les qualités dont il faisait preuve dans tous les domaines. Un puits de science, doublé d’un artiste, c’est assez exceptionnel pour mériter d’être souligné.

Guy Guilhas réunissait en effet touts les facultés pour accomplir une  » brillante carrière  » au sens où on l’entend généralement. Il avait en plus sur les autres également quelques qualités de cœur qui l’ont amené à effectuer un parcours professionnel où, précisément son indépendance d’esprit et son honnêteté foncière ont prévalu sur bien d’autres considérations. Clicheur de son état, son itinéraire a été celui de ces hommes véritables, toujours présent au moment des mutations technologiques de la profession sans se mettre en avant, mais suivi du regard par ceux qui l’ont connu dans cette période, pour lesquels il demeure toujours une référence. C’est dans ce contexte que Michel Guire Vaka, lui aussi, parcourut les quatre années d’apprentissage dans le cénacle de l’école avec à la fois cette apparente nonchalance et ce talent singulier que tous lui reconnaissaient déjà.

 

De l’ensemble au détail

Pas étonnant donc qu’au terme du diplôme de fin d’études, Michel poursuive sur sa lancée pour perfectionner son expression artistique, d’abord à l’Ecole des Arts appliqués, puis à l’ENSET (Ecole normale supérieure de l’enseignement technique). La règle d’or de M. Theubet, notre professeur de dessin d’art, tenait en quelques mots :  » De l’ensemble au détail, du général au particulier, du simple au composé « . Plus que tout autre, Guire Vaka avait intégré cette maxime au plus profond de lui-même. Il était donc bien normal que le meilleur d’entre tous reprenne le flambeau pour le transmettre aux générations suivantes. A son retour de la guerre d’Algérie, il se consacre donc à la pédagogie durant quelques années, pour enseigner le dessin, tout d’abord dans un lycée technique de Roubaix, puis à l’Ecole supérieure de commerce de Paris, et enfin à l’Ecole supérieure des Arts appliqués de Paris.

Chez cet artiste indépendant par-dessus tout , bientôt le besoin se fait sentir de donner libre cours à son talent. Il quitte le professorat en 1970 pour se consacrer totalement à l’illustration, sans se soucier davantage des contingences matérielles, de son plan de carrière, ou de ces considérations qui en auraient retenu plus d’un dans le giron de l’Education nationale.

Il réalise alors de grandes campagnes de publicité nationales et internationales. Puis il illustre bon nombre de publications pour la presse magazine et enfantine des principales maisons d’édition : Hachette, Flammarion, Dargaud, Bayard Presse, etc.

En 1980, commence, avec des magazines américains, une collaboration qui va s’avérer fructueuse pendant une dizaine d’années où ses illustrations vont se retrouver sur les plus prestigieuses couvertures : Esquire, Play Boy, Cosmopolitan, The New York Times,  » Award of excellence  » à Los Angeles,  » Le Marqueur d’Argent  » à Paris. Une partie de son œuvre est ainsi répertoriée dans la collection du fonds commun contemporain du Centre Pompidou ainsi qu’au Musée de l’affiche.

 

De la publicité

Deux campagnes publicitaires marquantes ont retenu l’attention du public et des professionnels. Ce sont celles de la Société Générale en 1967-68, et d’Air Wick quelques années plus tard. Il est intéressant de s’attarder un peu sur l’originalité de la campagne de la Société Générale, commandée par l’agence Havas qui, en faisant appel à Michel Guire Vaka, révolutionne à sa façon la communication grand public des banques, d’ordinaire vouée au conformisme et au sérieux, et permet d’ouvrir toutes grandes les portes à d’autres agences pour sortir des sentiers battus.

Pour cette campagne, le personnage dessiné par l’artiste est aussi peu discret qu’il est disgracieux. Dans son dessin, l’inévitable beauté féminine à laquelle nous a habitués la publicité a complètement disparu : tête disproportionnée par rapport au corps, yeux en boutons de bottines. Choquer, déplaire, qu’importe ! L’essentiel est qu’on voie, le premier critère d’une annonce étant de ne pas passer inaperçue.

Les créateurs sont ainsi condamnés, comme les sportifs et les acrobates, à faire toujours plus fort, à étonner un public qui en a déjà vu de toutes les couleurs, et cela bien évidemment sans tomber ni déraper si peu que ce soit. C’est précisément là qu’intervient tout le talent de l’artiste.

Alors, quand toutes les femmes sont belles, quand tous les hommes réussissent, quand on a déshabillé tout le monde, il faut trouver autre chose. Cela peut être le laid. En France, le laid-qui-plaît est encore peu employé mais on voit de plus en plus la publicité choisir ses vedettes dans la rue et refuser d’embellir le quotidien.

Après le beau, le nu, ou l’excès de banalité, l’humour. C’est dans cette voie que le créateur du bonhomme à grosse tête de la Société Générale s’est engagé. Finalement, ce qui étonne le plus, c’est qu’une campagne de ce style ait été lancée par une banque, image de la discrétion et de la bonne éducation. Pour l’artiste, cette irruption anachronique dans le monde policé de la pub a laissé des traces dans l’inconscient collectif et lui a permis d’atteindre la reconnaissance du grand public. Il devait récidiver au début des années soixante-dix lors d’une autre campagne, pour Air Wick cette fois, avec la création grotesque et comique des  » monstres odeurs  » représentés d’une manière nette afin de leur donner un aspect destructible. Encore une fois, Guire Vaka dépasse largement l’aspect anecdotique du plan média classique dont il se distingue par sa forte originalité qui rencontre un vif succès, en particulier chez les jeunes, en le démarquant de ses concurrents.

 

La marque des Estienne

Viennent les années de maturité où tout se décante pour laisser place à l’essentiel. Commence alors une nouvelle étape, où Michel navigue au large, loin des aspérités de la côte, pour se consacrer à la peinture, la forme la plus aboutie de son art, dont c’est le prolongement naturel. Pas de rupture radicale avec le passé, l’illustrateur se reconnaît à travers le peintre. Toujours cette capacité à ramasser dans une image l’essentiel du message, mieux et plus complètement qu’à travers un texte de plusieurs pages. Retombées de nos jeunes années passées à Estienne, où l’apprentissage de l’esprit de synthèse et de méthode se retrouve chez l’artiste devenu adulte. Sorte d’empreinte qui nous permet de nous reconnaître et de nous retrouver mieux que ne le ferait n’importe quelle photo de classe. C’est aussi cela, la marque des Estienne : ce signe indélébile laissé sur des générations de jeunes peut-être un peu plus sensibles que la moyenne pour avoir choisi les arts graphiques. Tous n’en sont pas sortis indemnes, mais des dizaines d’années plus tard, c’est à chaque fois le même plaisir de se rejoindre. En effet, nous savons bien qu’au fond, malgré le temps écoulé, nous cultivons en commun pas mal de choses qui nous relient les uns aux autres, dont ce goût du travail bien fait.

 

L’art de la couleur

Le temps aidant, Michel Guire Vaka peut donner libre cours à son imagination débordante, souvent d’inspiration onirique, où ses personnages se reconnaissent entre mille tant ils sortent des canons de l’esthétique officielle. Chaque toile est le fruit d’un labeur patiemment élaboré qui porte son empreinte : composition rigoureuse, travail sur papier fin, par superposition de couches de couleur diaphanes successives, pour aboutir à des modelés très achevés, à des tons mordorés ou acides qui révèlent la maîtrise subtile de la couleur chez l’artiste.

Sculpteur, il l’a été, et cela se sent dans son travail de peintre. Il suffit de contempler la mise en valeur des volumes par le jeu des ombres et des lumières dont il joue avec maestria, en particulier dans ses œuvres de la dernière période.

Au demeurant, l’homme est à l’image de son art : réservé et plein de subtilité, tout en douceur et en nuances, que c’en est un plaisir de l’avoir retrouvé au détour d’une exposition à l’Ecole.

Après toutes ces années passées devant la table à dessin ou le chevalet, sa production est considérable. Il ne reste plus qu’à trouver un espace assez vaste pour présenter l’essentiel de son œuvre dans une grande exposition. Nul doute que ce sera fait avant que ce sculpteur d’images ne raccroche les pinceaux.

 

 

 

27 commentaires

  1. emmanuelle k.
    27 juillet 2013

    Je sais, cela fait quinze ans que vous avez écrit votre article… Mais j’ai rêvé cette nuit de Michel qui fut mon ami et avec qui nous avions commencé il y a longtemps un travail sur un de mes contes… Savez-vous où il est ? Je m’inquiète brusquement c’est sûr mais ce rêve était très vivant…
    J’ai bien connu Estienne ayant épousé Pierre Lepetit et ayant aussi été l’amie d’Albert Flocon.
    Voilà. Si ce message vous rejoint, répondez-moi ? Merci d’avance.
    emmanuelle

    • Fausto.
      27 juillet 2013

      Bonjour Emmanuelle,

      Nous sommes encore quelques uns de cette improbable promotion d’Estienne à garder envers et contre tout un contact périodique.
      Michel a déserté notre cénacle voici plusieurs années. Aux dernières nouvelles il allait bien, même si nous n’avons plus guère de ses nouvelles. C’est là, sa tentation d’homme solitaire délaissant les groupes quels qu’ils soient.
      C’est bien que vous ayez rêvé de lui, comme cela m’arrive aussi fréquemment sur toutes ces années enfuies et ces compagnons de route dispersés au gré des vents contraires.
      Dernièrement, René PAGE, qui faisait partie de sa section et de son atelier de « Dessin Litho », nous a quittés, tout comme Henri Alleg, mais ils n’avaient pas le même âge…
      Je suis toujours en région parisienne, vous pouvez me contacter comme bon vous semblera.
      Albert Flocon a été mon prof d’Histoire de l’art. Ce devait être autour des années 1954/55. Pierre Lepetit était il enseignant ou élève de l’Ecole, dans quelle promotion ?

      Chaleureuses salutations.

      René FAGNONI – « Fausto »

  2. Didier GV
    12 mars 2014

    Michel Guire-Vaka est toujours present, j’ai passé quelques heures avec lui il ya un mois.

    • emmanuelle k.
      11 octobre 2014

      Bonjour Didier,
      Je viens seulement de consulter cette page, nous sommes en octobre 2014. Savoir Michel présent me fait superbement plaisir. Ouf !
      Je le sais solitaire, je le suis devenue moi-même et j’aime beaucoup la douceur de la vie ainsi créée. Si vous le voyez, dites-lui que je pense souvent à lui et que ma maison à une heure de Paris, en Normandie, lui est ouverte.
      Ça me ferait vraiment plaisir de le voir, j’ai plein de choses à lui montrer et j’espère lui aussi ?
      Merci à vous de le lui dire.

    • Colette Gaillard
      17 novembre 2014

      Bonjour Didier,
      En ce mois de novembre voilà que mes recherches avancent un peu. J’ai connu Michel il y a longtemps, nous sommes restés amis des années, puis avec nos séjours respectifs à l’étranger, ce fut par intermittence, et avec nos changements d’adresses nous avons perdu le contact. J’ai toujours quelques livres, des documents qu’il m’avait confiés, et quelques dessins… Je pense à lui souvent et suis contente de le savoir « présent » C’est vrai qu’il est discret depuis longtemps. Peut-être est-il encore dans son cher 14ème. Je serais heureuse d’avoir de ses nouvelles, de le revoir quand à l’occasion je vais à Paris. Pouvez-vous lui transmettre mon message. Merci
      Colette G.

    • CATHERINE BALLIE
      17 novembre 2014

      Je suis une ancienne élève de Michel Guire-Vaka. Il a été mon professeur de dessin a l’école nationale de commerce Bessieres. Un être qui sait inspirer autres et enseignait une exigence quant à la création…. Peut-être aimerait il regarder mon site et vouloir renouer contact? J’en serais heureuse. Peut-être pourriez vous faire parvenir ces quelques mots, after all a shot in the dark which may lead to some light…..

  3. Laurent guiré
    5 janvier 2015

    Bonjour
    MICHEL malheureusement ne vas pas bien , il est en ce moment hospitalisé , je suis un de ses neveux , et je pense qu ‘ il serait trés heureux de revoir d’ anciens camarades de promotion .
    Laurent guiré

    • Colette Gaillard
      20 janvier 2015

      C’est une nouvelle qui me rend bien triste. Puisse-t-il se remettre. Je pense à lui souvent. Je serais contente de pouvoir aller lui rendre visite, nous avons été proches, amis longtemps. Merci de lui transmettre mon message de soutien. Colette G.

  4. Nom *
    29 janvier 2015

    mr G est hospitalisé et va mal

    • Colette Gaillard
      31 janvier 2015

      Merci de me dire où il est hospitalisé. De lui transmettre mes messages précédents afin qu’il prenne lui-même la décision de me recevoir ou pas. Cela me peine tellement.

  5. Anne Fritsch
    30 janvier 2015

    C’est toujours quand c’est trop tard que l’on se dit: J’aurais pu…Mais voilà Michel n’est plus et il me laisse beaucoup de regrets.
    Bon voyage Michel…

  6. Guiré laurent
    31 janvier 2015

    Bonjour

    Malheureusement j,ai la grande tristesse ainsi que toute sa famille de vous annoncer le décès de Michel survenu vendredi 30 janvier .
    Laurent Guiré

    • Jennifer Humbert
      30 juillet 2015

      Michel était dans mes pensées au cours de cette année. J’avais éssayé de le téléphoner en faisant le « code » mais sans réponse. Je viens de tomber sur cet article pour apprendre la triste nouvelle. Toutes mes condoléances au grand artiste Michel GV. J’étais son agent « américaine » pendant des années. Merci de me tenir au courant lors des manifestations le concernant.

      Jennifer Humbert

  7. Colette Gaillard
    2 février 2015

    J’ai du mal à réaliser. Les mots me manquent pour dire ma peine.
    Et je partage votre tristesse. Merci de me dire quand et où il sera inhumé.
    Colette Gaillard

  8. René Fagnoni "Fausto"
    5 février 2015

    Les obsèques de notre camarade de promotion Michel Guiré-Vaka auront lieu, mercredi 11 février 2015 à 11 heures au cimetière Montparnasse.
    Rendez-vous devant l’entrée principale du cimetière Montparnasse.

    Ses Amis et compagnons de la promotion de l’Ecole Estienne.

  9. Michel Lagarde
    7 février 2015

    Toutes mes pensées à la famille et un souhait de revoir une œuvre toujours percutante devenue invisible et qui reste à redécouvrir.

  10. Je suis boulversée par l’annonce du décès de Michel . Nous sommes amis depuis 1989 , l’année de mon exposition rue François Miron . J.ai toujours admiré son talent, sa grande gentillesse. Il avait une grande finesse de perception des personnes avec qui il échangeait des propos divers.Michel était très attachant.J’embrasse Laurent que j’ai rencontré chez Michel et mes pensées à toute sa famille . À demain au cimetière Montparnasse pour un dernier hommage à notre ami . M. M..

  11. Christiane Abbadie-Clerc
    25 février 2015

    Je viens seulement d’apprendre aujourd’hui à travers les messages postés par Jean Claverie sur son compte Facebook, le décès de Michel Guiré-Vaké, connu dans les années 80 alors que j’organisais des expositions dédiées aux illustrateurs à la BPI du Centre Georges Pompidou. Son talent trop méconnu de concepteur, son intelligence du graphisme et du texte, ses valeurs et sa vision du monde, sa sensibilité et sa courtoisie, sa rigueur et en même temps son sens de l’aventure, son immense culture graphique et tout simplement l’homme exquis qu’il était, vont nous manquer terriblement.

  12. Hatte Philippe
    8 mars 2015

    Emmanuelle j’ignorais que tu étais amie avec Michel G, il a été mon voisin pendant 15 ans peut être . Il était d’une grande discrétion même dans ses relations de voisinage .
    J’ai appris très récemment sa disparition, Sylvie Léo et moi parlions encore il y a peu de son déménagement . Notre fils Léo l’a bien connu et passé de longs moments de discussion avec lui . Léo aimait les personnages de ses livres et Michel aussi, même si Michel appréciait peu les jeux de ballon devant sa porte…….
    Il nous manquait et aujourd’hui nous pensons à lui.
    Sylvie Léo et Philippe de l’Allée Darius Milhaud

  13. emmanuelle k.
    23 mai 2015

    Aujourd’hui 23 mai 2015 j’apprends sur ce site la mort de Michel.
    J’aurais tellement aimé le revoir. C’est très dur.
    Sylvie, Léo et Philippe, je vous embrasse
    emmanuelle

  14. Lagarde Michel
    8 juin 2015

    Nous préparons un ouvrage de référence sur l’oeuvre de Michel Guire Vaka en 96 pages. Monsieur Fagnoni, puis je utiliser votre texte pour une présentation de ce projet au Centre national du livre ? C’est une des conditions indispensables pour faire exister aujourd’hui ce type d’ouvrage de solliciter une aide financière. Toutes les bonnes volontés seront nécessaires pour que cet ouvrage voit le jour au printemps 2016 pour honorer la mémoire de MGV à l’occasion du 80 e anniversaire de l’année de sa naissance, cet ouvrage est souhaité et encouragé par la famille de Michel et ses proches Michel Lagarde NB: Vous pouvez me contacter par mail.

  15. René Fagnoni
    10 juillet 2015

    Michel Lagarde, bien sûr que vous pouvez utiliser mon texte sur Michel.
    La seule réserve élémentaire est que vous citiez la source. Pour le reste pas de problème, nous étions de la même promotion à l’Ecole Estienne. Tenez moi au courant de l’avancement de vos travaux. R.F.

    • Michel Lagarde
      25 février 2017

      Le projet de livre et d’exposition sur Michel Guiré-Vaka est en bonne voie
      nous préparons avec la famille un ouvrage prévu pour le mois de juin 2017
      Si vous souhaitez participer à la souscription merci d’écrire
      à michel@illustrissimo.com

  16. PLASSAT Patrice
    28 janvier 2016

    Bonjour j’ai connu Michel à la fin des années 50 au 90 rue du Moulin Vert alors qu’il était notre voisin de palier. J’étais enfant à l’époque et j’ai gardé le souvenir d’un dessinateur déjà fabuleux. Ses parents nous avaient gardés, ma sœur et moi. Je ne sais pas si c’est vrai mais mon père m’avait raconté l’histoire extraordinaire des ses parents: son père avait été acheté étant enfant comme « petit nègre » par une famille française qui l’aurait élevé mais il ne connaissait pas sa date de naissance. Sa mère, elle aurait été vendue comme esclave en Turquie et ne connaissait pas sa date de naissance. Et leur fils devint ce dessinateur que j’ai toujours admiré. Ses parents étaient adorables et mes parents ont toujours pour eux le plus grand respect. Je suis content qu’un ouvrage honore sa mémoire

    • Gautelier daniel
      11 mai 2017

      Bonjour,
      je suis Daniel le neveu de Michel et fils de sa soeur Denise. La petite histoire de mes grands parents me fait sourire, 😊, ce n’est pas tout à fait ça mais peut être un jour aurais-je l’occasion de vous la raconter.
      Pour ma part je me souviens de madame COLIGNON qui habitait également au même escalier, elle détenait une collection impressionnante de VALLAURIS et de poupée mignature de même que ses bonbons et chocolats de pâques qui nous attendaient à chaque visite au 90 rue du moulin vert.

      Cordialement,
      Daniel.GAUTELIER

  17. cousin philippe
    29 mai 2016

    Votre commentaire
    J’apprends avec 18 mois de retard la mort de Michel. Je voulais l’inviter à une exposition de mes dessins, dans le sud, et voilà qu’ en partant à sa recherche, je suis tombé sur toutes ces voix qui se perdaient dans le vide…
    Je ne lui avais pas reparlé depuis près d’un demi siècle -le début des années 70, plus exactement- mais en vieillissant, j’avais voulu lui redire et lui montrer tout ce que je lui devais. En le perdant, jil me semble que j’ai perdu une partie de moi-même.
    Jeune, j’étais insouciant, léger et brutal comme lui était courtois, profond mais séparé des autres, me semblait-il -et cet avis était partagé par beaucoup- par un très lointain chagrin, ou une désillusion. Il était mystérieux, donc fascinant. Son talent de graphiste venait en plus.
    Ce que je lui dois? Ni plus ni moins que de m’avoir mis le pied à l’étrier, non pas dans le dessin, mais dans la vie. Je l’avais eu comme professeur à l’ENC du boulevard Beissières, pendant deux ans (1966-67), nos relations avaient été amusantes, mais superficielles (« A toi, je n’apprendrai rien, tu es bien trop arrogant, tu y arriveras par toi-même en ramant ») mais deux ans plus tard il m’a fait dire qu’il y avait une place à prendre à Europe 1 , comme rédacteur publicitaire. J’aimais déjà écrire, il ne l’avait pas oublié. C’est peu dire que de dire que j’ai pris cette place d’assaut, car je crevais de faim à l’époque, et ça a décidé de tout le reste.
    Je l’aimais beaucoup, comme tout le monde. Nous connaissais une de ses amies, je suis même allé chez lui deux ou trois fois m’étaler sur ses beaux canapés blancs… Puis nos parcours nous ont séparés. Mais, bien sur, je reconnaissais son travail du premier coup d’oeil, partout où je pouvais le voir.
    Je salue ses amis et amies puisque je ne peux plus le saluer, lui.

  18. GAUTELIER Thierry
    11 mai 2017

    Bonjour à tous,
    Certains parmi vous le savent, d’autres non, Michel Guiré-Vaka était mon oncle. Il fut un des grands illustrateurs de la presse internationale et de la presse jeunesse des années 70 aux années 2000.

    Il laisse un patrimoine d’œuvres considérable. Nous sommes plusieurs à souhaiter faire vivre son talent et faire connaitre ses créations, nous avions donc un projet de catalogue de ses œuvres mais … créer et imprimer un livre coûte cher, nous lançons donc une souscription avec l’aide d’un passionné d’illustrations : Michel LAGARDE.
    Pour que ceux qui souhaiteraient participer à cette aventure et pré acheter le livre d’art ; je leur envoie la souscription par courrier, merci de me renvoyer votre adresse personnelle.

    Vous avez différents types de souscriptions, Il y a cinq niveau de participation : elle commence à 25€ pour le livre seul… et au-delà, pour le livre accompagné : soit d’une lithographie, croquis ou original, en fonction de la hauteur de votre souscription (attention ces éléments sont limités en nombres…).

    La sortie du livre sera précédée par une première exposition de certains de ses travaux lors d’un événement parisien : « Les nocturnes de la rive droite ». Cette exposition se tiendra dans la plus vieille librairie de Paris « 178 rue du Faubourg St Honoré Paris 8ème. » Vernissage le 17 mai à partir de 18:00. Je vous y attends pour ceux et celles qui seront disponible.

    Puis une seconde exposition le 14 juin 2017 à la Galerie Michel LAGARDE à partir de 19h au, 13 rue BOUCHARDON Paris 10ème.

    Pour ceux et celles qui souhaitent que je leur envoie la souscription par courrier, merci de me renvoyer votre adresse personnelle.

    Nous avons également créer un groupe FB — https://www.facebook.com/groups/1819683111692110/
    ou vous retrouverez toutes ces informations.

    A très bientôt tous et d’avance MERCI !

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